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Syrie : retirer à Bachar El Hassad son permis de tuer !

lundi 25 avril 2011, par MPCT

Ce lundi 25 avril, nouvelle escalade en Syrie après le carnage du vendredi 22 : des chars ont pénétré pour la première fois dans la veille de Deraa, berceau de la contestation, faisant des dizaines de morts.

Dans un communiqué adressé à Reuters, la militante des droits humains Souhaïr al Atassi déclarait lundi matin :

"Il s’agit là d’une guerre barbare destinée à annihiler les démocrates syriens".

102 écrivains, intellectuels et journalistes syriens ont publié ce même jour une déclaration commune pour dénoncer la répression sanglante des manifestations qui a fait au moins une centaine de morts en trois jours.

Le texte demande aux intellectuels syriens "qui n’ont pas brisé la barrière de la peur de prendre une position claire".

C’est en effet aux cris de "on n’a plus peur" que les manifestants continuent à défier le pouvoir d’El Hassad fils, malgré près de 400 morts civils recensés et au moins 200 disparus.

Une autre peur, celle du terrorisme explique sans doute l’apathie qui prévaut dans le monde devant cette répression sanglante.

Laisser faire Assad semble avoir été la ligne tacitement adoptée par la "communauté internationale" face à un régime qui fait arracher les ongles des collégiens coupables de tracer des graffiti et qui fait tirer à balles réelles sur les foules désarmées..

- Côté institutions on a bien eu protestations et condamnations :

Secrétaire Général de l’ONU, Président des Etats-Unis, Président du Parlement Européen et jusqu’à notre Ministre des Affaires Etrangères. On condamne mais sans même aller jusqu’à rappeler ses ambassadeurs.

Il a fallu attendre ce lundi soir pour que la menace de sanctions américaines se précise un peu et que la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Portugal prennent une initiative. Ces quatre pays font circuler au sein du Conseil de sécurité de l’ONU un projet de condamnation de la répression en Syrie.

Toutefois le texte saluerait l’initiative du président Bachar al-Assad de lever l’état d’urgence en vigueur depuis cinquante ans dans le pays !

On sait que cette " mesure" a été suivie du bain de sang de vendredi !

- Du côté des ONG et partis politiques, de gauche comme de droite, ce n’est guère mieux.

Foin de solidarité internationale, c’est le silence quasi absolu. Les pro de l’indignation se taisent, perplexes. Un homme qui soutient le Hamas et le Hezbollah ne peut pas être complètement mauvais, doivent-ils penser et sa répression est peut-être progressiste.

- Seuls le communiqué de Human Rights Watch et les déclarations d’Amnesty International ont rompu ce silence.

" L’Organisation des Nations Unies devrait lancer une enquête internationale sur les actions meurtrières des forces de sécurité syriennes contre des manifestants pacifiques dans 14 villes le 22 avril. Cette enquête devrait également examiner d’autres violations des droits humains commises depuis le début des manifestations anti-gouvernementales à la mi-mars. Les États-Unis et l’Union européenne devraient en outre imposer des sanctions visant les autorités syriennes ayant ordonné l’utilisation de la force meurtrière contre des manifestants pacifiques, ainsi que la détention arbitraire et la torture de centaines de protestataires. Les États-Unis et l’UE devraient aussi exiger la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies pour discuter de mesures à prendre face à l’escalade de la violence en Syrie, notamment le 22 avril." (Communiqué de HRW 24 avril 2011)

" Après le carnage de vendredi, il ne suffit plus de condamner la violence »,

résume Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch

- Il n’y a rien de nouveau sous le soleil de Damas où la terreur étatique règne depuis 4 décades.

Le massacre de la ville de Hama bombardée pendant près d’un mois par Hassad père en 1982 avait fait au moins 15 000 victimes. Depuis, le régime syrien était rentré en grâce, en particulier à Paris où Bachar el Hassad avait trôné à la tribune officielle lors du défilé du 14 juillet 2008, quelques jours à peine après la répression féroce de la révolte des prisonniers de Sednaya.

Le terrorisme est une arme de dissuasion efficace pour le régime de Damasdont on redoute qu’il active ses affidés, le Hamas et le Hezbollah surarmé.

L’un comme l’autre peuvent mettre le feu aux poudres sur ordre de Damas et Téhéran.

Alors que le régime des Hassad a soumis les Frères Musulmans de Syrie à une répression féroce, le Hamas, branche palestinienne de la Confrérie, est son protégé et son obligé.

Le dirigeant du Hamas Khaled Mechal qui avait pignon sur rue à Damas se fait plus discret depuis le début des manifestations. A telle enseigne qu’on se demande où il est passé.

Ne craignant pas le ridicule, le régime syrien, parrain de deux organisations terroristes majeures consacrées organes de "résistance", qualifie par contre les manifestants de Deraa de" groupes terroristes extrémistes".

Une habitude copiée chez son alliée la République Islamique d’Iran.

Huguette Chomski Magnis

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