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Protégeons les civils au Darfour ! (déclaration Mpct du 24 juillet 2004)

mercredi 3 mai 2006

Déclaration du 24 juillet 2004

Le DARFOUR ne fait pas les gros titres... Pourtant, en dépit des engagements pris par le gouvernement soudanais le 3 juillet, la situation de la population civile du Darfour demeure dramatique. Les cris d’alarme poussés par les rares ONG qui se préoccupent d’elle ne rencontrent guère d’écho.

Lire à ce sujet

- le communiqué de presse publié par Amnesty International le 14 juillet "SOUDAN : le CONSEIL de Sécurité doit assumer ses responsabilités" ainsi que leur rapport du 19 juillet "SOUDAN : le viol comme arme de guerre dans le Darfour" qui témoigne des violences sexuelles subies par femmes et fillettes et de leurs conséquences.

- les nouveaux documents sur le Darfour rendus publics le 20 juillet par Human Rights Watch "SOUDAN : Liens confirmés entre le gouvernement et les milices Janjawids" qui apportent la preuve de l’appui fourni par les forces gouvernementales aux massacres et exactions commises par ces milices.

- l’information donnée par Médecins du Monde le 16 juillet sur la situation alarmante de plus d’un million de personnes déplacées, en majorité des femmes et des enfants, dont le nombre ne cesse d’augmenter alors que l’approche de la saison des pluies risque d’ajouter les épidémies à la malnutrition. La population du seul camp de Kalma (Sud Darfour) pourrait atteindre bientôt 80 000 personnes.

Le Directeur Exécutif à la Division Afrique de Human Rights Watch déclare : « Jusqu’à présent, le gouvernement soudanais n’a utilisé le temps dont il dispose que pour intensifier la purification ethnique au Darfour. » Ce temps, il peut en disposer parce que l’ONU, malgré les craintes exprimées par Kofi Annan, lui a laissé les mains libres .

La résolution du Conseil de Sécurité reste en souffrance. Dans l’immédiat tout au plus une commission mixte onusienne et soudanaise - donc sans garantie d’indépendance - se rendra-t-elle au Darfour la semaine prochaine pour évaluer la situation.

Loin de désarmer les milices Janjawids, le gouvernement de Khartoum tente de les absorber dans les forces de police chargées de "protéger" les civils !

L’ Assemblée Générale de l’ONU est sans doute trop occupée par la condamnation du "mur" israélien pour se soucier des violations massives des droits humains, des crimes racistes, crimes de guerre et crimes contre l’humanité subis par des populations noires d’Afrique.

"Détruisez ce Mur que nous ne saurions voir " a dit en substance l’ Assemblée Générale-Tartuffe de l’ONU invoquant le droit international, forte de l’avis rendu par la Cour Internationale de Justice.

L’ONU réserve ses condamnations aux mesures sécuritaires anti-terroristes - il n’y a pas de bonne réponse au terrorisme et il en va du " mur" comme des autres mesures sécuritaires, il entraîne de nombreux problèmes - en laissant les mains libres aux terroristes et en ignorant la douleur des victimes civiles israéliennes d’attentats que la Cour Internationale de Justice a refusé d’entendre.

Le nettoyage ethnique perpétré au Darfour ne trouble pas d’avantage l’Assemblée Générale. L’impunité des crimes les plus graves commis contre des civils semble s’imposer comme règle .

Alors que pouvons-nous faire dans la torpeur des vacances estivales pour dire notre indignation devant l’abandon des populations du Darfour ?

Peu de choses peut-être mais ce minimum, nous nous devons de le faire, pour n’être pas complices du silence et de l’indifférence, pour que la référence aux droits imprescriptibles de la personne humaine ait encore un sens, et que l’on ne commémore pas dans dix ans un nouveau génocide que l’on n’aurait même pas tenté d’ empêcher.

- soutenir les missions humanitaires d’aide au Darfour telle celle de Médecins du Monde qui a envoyé 27 tonnes d’aide humanitaire et recherche du personnel médical d’urgence

- signer et faire signer la pétition d’Amnesty International sur le Darfour [1]

- intervenir auprès des médias et de tous ceux qui se réclament de paix et de solidarité internationale pour qu’ils se mobilisent enfin pour les populations du Darfour

- apostropher nos gouvernants et les instances de l’ONU

La France qui a été mise en cause dans le génocide Rwandais, qui siège au Conseil de Sécurité de l’ONU et dont la diplomatie se veut active, a à cet égard une responsabilité particulière.

Les citoyens français sont en droit de s’adresser en ce sens au Président de la République, au Quai d’Orsay et à l’Ambassadeur de France à l’ONU pour qu’ils exigent non pas simplement "un cessez le feu" mais

la protection effective et le sauvetage des civils du Darfour le désarmement immédiat des milices Janjawids le jugement des dirigeants de ces milices et leurs complices au sein du gouvernement soudanais.

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