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"Islamisme et terrorisme" par Claire Brière Blanchet

samedi 1er mars 2014, par MPCT

Nous poursuivons avec cet exposé de la journaliste et essayiste Claire Brière Blanchet la publication des contributions à la conférence du 23 octobre 2013 "Résister au terrorisme, la leçon d’Albert Camus".

Pour voir l’enregistrement de l’intervention de Claire Brière Blanchet à cette conférence :

http://www.youtube.com/watch?v=QTaAyKaajqA

Je dédie ce temps d’intervention à Ayan Hirsi Ali, à Wafa Sultan, à mes amis iraniens exécutés ou exilés, et à Robert Redeker.

Depuis le 11 Septembre

20 000 personnes sont mortes dans des attentats à travers le monde, pour la plupart des civils, femmes, enfants, vieillards, personne ne fut épargné.

La liste des pays visés n’a cessé de s’étendre : Afghanistan, Pakistan, Irak, Turquie Egypte, Inde, Sri Lanka, Nigeria, Somalie, Kenya, Ethiopie, Indonésie, Russie, Etats Unis, Argentine, Lybie, Algérie, Maroc, Tunisie, Yémen, France. Angleterre, Espagne, Etats-Unis…..

Attentats, contre de simples civils, contre des restaurants, marchés, galeries commerciales, meurtres de juifs, de chrétiens, d’ Européens, d’ Américains, assassinats des « infidèles », des « associateurs » , des « taghoutis », des « mofsed ô felarz », des impurs. Al Jazzera, et les prêches dans les mosquées du monde ont véhiculé et relayé les appels au meurtre.

Longtemps nous avons présenté les islamistes comme des desperados. Et les attentats que certains groupes et milices commettaient à l’image d’une geste héroïque d’exilés magnifiques, une révolte des « sans-terre ». Je pense aux palestiniens du FPLP, du FDPLP, de septembre noir, d’Ahmad Jibril, du djihad islamique, des feddayin al-qhalq, ou al- islam, aux auteurs d’attentats contre les ambassades, contre les soldats de la Finul, les avions de ligne, les autobus. Tout cela au long des années 60-70, nous l’avons considéré comme le fait d’hommes rendus fous de désespoir face à un avenir forclos.

Il s’agissait pourtant, et déjà, d’assassinats froids et épouvantablement violents. Nous y reviendrons.

Puis vint le mouvement qui souleva l’Iran « au nom de Dieu »renversa le Shah et plébiscita Khomeyni en 1979.

Dans l’enthousiasme que provoqua et provoque toujours chez nous chaque fait de révolution on parla beaucoup des “mostazzafins” les “déshérités sur la terre”, et l’on vit en effet des va-nu-pieds et des misérables, par millions ivres de revanche crier à l’Imam et au Mahdi. Ce bouleversement accoucha du Hezbollah et des sinistres pasdarans. Assassinats politico- religieux , attaque de synagogues dont celle de Buenos Aires en 1985 qui fit 85 morts et 200 blessés, la synagogue de la Ghriba à Djerba, l’une des plus anciennes d’Afrique, plus de 20 morts. Le rythme des attentats n’a cessé, depuis, d’augmenter et de se répandre.

“Après ceux du samedi, ceux du dimanche”.

Désormais ce sont les chrétiens qui sont visés. Ils ont fui l’Irak, et l’Egypte. Aujourd’hui la Syrie. Déjà en 1982- 1983, les islamistes des gama’at, après Sadate en 81, avaient assassiné des coptes à Miniah et Assiout où ils sont parfaitement implantés, incendié leurs commerces, leurs maisons et leurs églises. Ils attaquèrent ensuite les édifices chrétiens du Caire et d’Alexandrie et cela continue : 62 églises coptes attaquées, pillées et brûlées, ces deux dernières années. Ce que l’on ne dit pas, ce sont les assassinats, les enlèvements et les viols aussi commis sur de jeunes chrétiennes. La moyenne et la haute Egypte sont loin de la place Trahir.

Et puis vinrent plus atroces encore les images exhibées

de corps suppliciés et dépecés, de pendaisons publiques, vidéos d’égorgements en direct comme celui de Daniel Pearl et d’autres otages, de « décollations » à la hache filmées pour mieux édifier, ce que fit Mohammad Merah en kidnappant un enfant de 9 ou 11 ans , avant d’assassiner ses victimes. Pakistan, Afghanistan, Soudan, petites filles que l’on tente d’assassiner pour avoir voulu aller à l’école, comme ce fut le cas en Algérie pendant la guerre livrée par le FIS et les GIA.

Ces derniers temps les talibans afghans de la vallée de la Swat ont attaqué 800 établissements scolaires. Heureusement, l’une de ces écolières fut sauvée et, désormais, honorée du prix Sakharov, Malala. Mais pour une Malala combien d’êtres, combien de femmes livrées aux djihadistes pour le djihad sexuel, combien de femmes condamnées lapidées, enterrées vives, par le fait de ces hommes fous et fanatiques adeptes de ce qu’on appelle pudiquement un « islam radical ». Je me permets une incise, depuis que notre « modéré » Rohani est au pouvoir, il y a eu 150 exécutions pendaisons publiques aux ponts et aux grues et sur les marchés. Ne serait-ce que par cette autorisation de violence sur les femmes, les juifs, les chrétiens, les non-musulmans, les croyants coupables d’apostasie, sur ceux qui se convertissent et quittent l’islam, cette exclusion totale et absolue, voilà déjà l’une des racines du terrorisme islamique. En ce sens, celui de l’exclusion de l’autre, de son meurtre justifié , accompagné de son antisémitisme effréné, sous prétexte de révolte ou de révolution, de « rébellion », sous prétexte d’anti colonialisme et d’anti impérialisme, j’affirme que l’islamisme est un nouveau nazisme, un nouveau totalitarisme. Il est nécessaire de faire nôtre cette phrase d’Albert Camus selon laquelle « On n’a pas fini de se révolter. Mais cette fois il va falloir se révolter contre la révolte ».

Les faits que j’ai très brièvement évoqués révèlent un déchainement de haine paranoïaque, un ressentiment furieux et une sauvagerie sans précèdent. Avec un but : détruire.

Détruire Sodome et Gomorrhe, détruire les civilisations judéo-chrétiennes, tout ce qui les incarne et tout ce qu’elles incarnent. L’un des premiers gestes de la révolution iranienne, fut, avant même la chute du shah de détruire le 5 novembre 1978, toutes les boutiques et bars vendant de l’alcool. Téhéran brûlait. C’est le sens de la destruction des bouddhas de Bamyan. Le sens des rumeurs concernant la destruction des pyramides de Gizeh lorsque Mohammad Morsi accéda au pouvoir. Rien n’est autorisé à vivre ni à se manifester, que ce soit de l’ordre du plaisir ou de ce qui avait précédé l’Islam. Tabula rasa hors de la pureté coranique et de ses diktats.

Pensez, en 1979, lorsque Khomeiny arrive au pouvoir, les Hezbollahi vont exercer la première prise d’otage d’ampleur internationale, inaugurant une nouvelle forme de guerre. En kidnappant 440 personnes, c’est l’Amérique qui est prise en otage. Mais on pense encore alors, majoritairement, que ça va passer, que les autorités cléricales vont se calmer face aux réalités du monde en mouvement. Eh bien pas du tout.

C’est là et à ce moment- là que la violence du Hezbollah exacerbée par la guerre qui se déclare entre l’Iran et l’Irak rencontre celle de la guerre libanaise et que le Hezbollah, loin de reculer, s’exporte au Sud du Liban via la Syrie, sous les hospices de la Russie encore communiste.

Je repense au Liban que j’ai connu pendant la guerre où déjà nous savions qu’il ne serait plus, car il était exactement à la place, au coeur même de ce qui mariait l’Orient et l’Occident, de ce qui autorisait la cohabitation entre communautés multiples, maronites, chiites, sunnites, druzes, chrétiennes, catholiques orthodoxes, catholiques romaines, chaldéennes etc.. Désormais en guerre. La catastrophe a commencé en 1975. Le Liban n’est plus que milices et communautés ennemies, attentats et massacres. Et il faut y compter avec le Hezbollah.

Le 11 septembre a enfin révélé au monde la vraie nature de l’islamisme, qui rêve de soumettre le monde, de le convertir et d’araser tout passé, toute histoire antérieurs à sa propre existence..

Est- ce le fait d’une arriération culturelle ou économique ? D’une humiliation inexpiable ? D’une défaite militaire ineffaçable ? De pays qui ont pris un retard tragique en matière de recherche, d’enseignement, d’alphabétisation ? Pourquoi ces pays se montrent-ils incapables d’établir un quelconque état de droit ? Comment font-ils pour nourrir en leur sein “la bête immonde”. Encore très récemment, Rohani n’a-t-il pas déclaré qu’il fallait qu’Israël disparaisse de la carte ? On sait que les attentats se multiplient de façon exponentielle…Les services de sécurité ne cachent pas leur inquiétude ça ne se terminera pas. Quelle explication à cette ivresse, tuer, et encore tuer ?

On a beaucoup invoqué les méfaits de la colonisation, la rage des peuples occupés face aux empires français, britanniques et néerlandais ou italiens. Soif de revanche et d’humilier celui qui vous a dominé ? Oui. Mais cela n’explique toujours pas pourquoi le VII me siècle, l’année de l’hégire 622, ainsi qu’un texte, le Coran, sont brandis comme solution définitive et exercent une telle emprise. Daryush Shayegan, philosophe iranien écrit dans “le regard mutilé” à quel point le thème du “retard” fut le sujet le plus obsédant des penseurs islamiques à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle. Paradoxalement, les islamistes exigent un « retard » aggravé, un « retour » vers les années 600. Ainsi, la condition des femmes n’y a guère évolué depuis des siècles, soumises à la charia, privées de droits, livrées aux hommes, esclaves des talibans, frères musulmans djihadistes et psychopathes qui tel ce jeune bengladeshi qui, en toute impunité, a pu tuer sa mère et qui joue au foot près de son tumulus, ou encore cette petite saoudienne de cinq ans, violée et assassinée par son père, un prédicateur condamné à une légère peine de prison, ou encore cette fille de seize ans en Anatolie enterrée vive pour avoir voulu sortir avec un non musulman. Telle aussi la sœur cadette de Wafa Sultan , une jeune syrienne mariée à 14 ans avec un inconnu de quarante ans, et qui s’immola par le feu…

Arrivons au pourquoi

Nous pouvons reprendre l’interrogation de Bernard Lewis : Que s’est-il passé ? Il y eut une expansion de l’empire et de l’islam aux VIII, IX et Xème siècles absolument foudroyante. Au cours de ce qui fut notre Moyen Age, le territoire des royaumes musulmans, arabes puis mongols et turcs ottomans dépassa, et de loin, les frontières de l’empire romain ou de celui d’Alexandre. Ils renversèrent l’empire perse des Sassanides, l’empire chrétien de Byzance et régnèrent sur tout le pourtour de la Méditerranée, l’Afrique, les terres d’Asie jusqu’à l’Inde et la Chine. De l’Atlantique à la mer de Chine. Les incursions barbaresques atteignirent même les rives d’ Irlande et d’Islande. Et, bien sûr tous les pourtours de la méditerranée. Avec occupation de la Sicile, de l’Espagne, mais aussi des Balkans, de l’Europe centrale et de la Russie. Ils menacèrent Vienne lors de deux sièges aux 16 et 17ème siècles (1683) et des pachas ottomans gouverneront encore au XVII ème Belgrade et Budapest. Quand bien même les Maures furent chassés d’Espagne au XVème s. et les Tatars chassés de Russie à la même époque, quand bien même il y avait eu les croisades qui furent, selon les historiens, « une riposte à retardement, d’ampleur très limitée et, en fin de compte inefficace, au djihad », eh bien, l’empire arabe et ottoman fut et resta une sorte d’empire du milieu islamique. Immense et centré sur lui-même, qu’ils imaginaient peuplé sur ses confins par les barbares des royaumes chrétiens d’Occident et les quasi inconnus de l’ Asie extrême. On peut facilement imaginer le sentiment de domination et de puissance vécu par les califes, sultans et autres pachas. Le monde leur appartenait.

Il fallut attendre 1798 et la conquête de l’Egypte par Bonaparte, pour que ce premier signe manifeste le déclin à venir, et que la puissance militaire des armées d’occident devienne évidente. Nous sommes au bord du 19ème siècle. Un siècle plus tard, avec la première guerre mondiale et les traités de Versailles et de Sèvres 1920 et 1922 l’empire ottoman git dépecé, humilié, à genoux. Il est réduit à la simple Turquie anatolienne. La chute est rude.

Pourquoi est-ce que j’en viens là ?

Pourrait-on imaginer aux origines de l’islamisme des faits de culture, de civilisation, un travail des mentalités et des traditions qui auraient, mais restons prudent, aidé à l’enracinement de cette idéologie ? Peut-on se permettre de ne pas se cantonner uniquement au politique ou à l’économique. L’Histoire ne fait pas tout et n’est pas tout, comme le faisait remarquer Albert Camus, il y a les hommes, il y a les traditions, il y a les mentalités. Ce que faisait également remarquer le grand historien Marc Bloch s’interrogeant sur les origines du pacifisme français et sur notre défaite face l’Allemagne nazie. Il mit en évidence le rôle déterminant de la boucherie de 14- 18 sur le refus de la guerre et notre composition avec le régime hitlérien. L’histoire est écrite par les hommes.

Le premier de ces faits semble être, dès l’origine, le fait que l’islam fut la religion même du triomphe – au contraire des origines de la chrétienté, faite de martyrs et de persécutions. De même, certains penseurs et théologiens avaient déjà souligné que le judaïsme et le christianisme avaient connu l’échec. Ce furent l’exil à Babylone et l’esclavage en Egypte pour les Juifs. Pour les chrétiens, la crucifixion du christ. L’islam des origines fut partout victorieux, le resta pendant des siècles, à vrai dire pendant plus de mille ans.

Ne pourrait-on réfléchir aussi au fait même de la conquête selon les volontés du prophète, par l’épée, par le Djihad. Le Djihad est un devoir sacré, le djihad fait partie de la spiritualité du croyant. Le djihad est consubstantiel à la prière. Celui qui a combattu est élu au plus haut rang, celui qui s’abstient connaîtra l’enfer.

Cette religion se veut unique, une et indivisible, elle rassemble autour d’un livre unique. On pourrait évoquer cette « souveraineté solitaire » d’Allah qui donne le message. Une parole unique. Un Dieu unique « Il n’y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète ». Cette unicité a fondé une communauté et construit un grand corps soudé : celui de la Oumma, la grande matrice des croyants, une communauté soumise. Islam ou eslam signifie soumission. C’est cette unicité renforcée par la soumission qui est la condition de vie et de survie de la religion musulmane.

On pourrait également indiquer que le livre, le Coran, ne fut pas « écrit », à l’instar des religions antérieures : judaïsme et christianisme, fondées par des récits postérieurs aux dires et actes des dieux qui ont guidé leur peuple et leurs fidèles. Yahvé ou Jésus, animent des narrations ou des témoignages qui ont pu être commentés et discutés et qui ont fondé la foi en l’un, en l’autre, De ces récits a pu naître le doute, les commentaires et les questions, les « disputatios » célèbres des royaumes chrétiens. Plus d’une foi « César », le Ro,i se sépara de la haute autorité religieuse du Vatican..… Mais le Coran est « incréé », c’est la parole de Dieu même qui parle à travers son prophète Mohammad, Mohammad est « parlé » par Dieu. Cette parole clôt la révélation. Elle ferme la prophétie. Contester cette parole constitue aux yeux du musulman, la pire des catastrophes : la fitna, La division.

Aujourd’hui, le bilan est désastreux : dans le classement des pays selon le PIB, le premier pays à majorité musulmane est l’Indonésie à la quinzième place devant la Turquie en 19ème rang… Si l’on considère le nombre de livres vendus, le tableau est encore plus sombre : dans les 27 premiers on ne compte aucun pays musulman. Le monde arabe traduit environ 330 livres par an ! Depuis le calife al-Maa’moun au 9ème siècle, 100 000 livres ont été traduits, soit le nombre moyen de livres traduits en Espagne chaque année. Prix Nobel ? Inconnus. Découvertes scientifiques ? Nenni. Voyages interstellaires ? Industrie ? Aviation ? Transport ? Apport philosophique ? Rien depuis Averroès et Avicenne.

J’arrête l’énumération car elle révèle ce que les Ottomans ont fermé au monde dans un empire rigide et décadent : absence d’échanges et de réciprocité. Jusqu’au XVIIIème siècle, les ambassadeurs représentant des pays étrangers ne posaient pas le pied sur la terre d’Islam. On les recevait dans un lieu maintenu en quarantaine. Le refus de questionner plus avant une croyance, dont l’interrogation même pouvait conduire à la mort, a arrêté le cours des choses comme au château de la Belle au Bois dormant. Tout au contraire, en Occident, les pères de l’Eglise, St Augustin, St Thomas d’Aquin pratiquèrent le doute. Ce doute qui a instruit le désenchantement du monde et ouvert cette distance entre Dieu et l’homme, ce doute qui a permis l’innovation, le développement de l’esprit critique, de la philosophie, de la presse etc…creusant ainsi l’écart entre le reste du monde et les pays musulmans. Je ne fais pas ici une apologie de l’Occident je constate un fait d’histoire, je constate que d’autres civilisations que la nôtre, ainsi de la Chine, du Japon, de la Corée, ont pris un essor inimaginable, considérable et participent aux décisions avec les grands de la planète, ils ont intégré le rang de nations majeures. Enfin je conclue sur les droits de l’homme, les droits humains, absents de toute référence en terre d’Islam. La charia dicte encore les jugements qui relèvent de la loi du talion. Il y eut cependant un modèle occidental qui se porta honorablement, celui du parti unique. Ce fut le parti impérial du Rastariz en Iran et la création du parti ba’ath en Syrie et en Irak. Son fondateur irakien fut un adepte du credo nazi et le grand mufti de Jérusalem accorda ses faveurs à Hitler : Hussein al Hosseini avait projeté de créer sur la terre de Palestine un camp d’extermination pour les Juifs.

La collision et la fracture entre l’empire ottoman défait et les pays industriels avancés et démocratiques, furent si violentes, si criantes, que l’homme musulman s’est trouvé obligé de vivre en état insupportable de schizophrénie, sommé de s’insérer entre un texte immuable , contradictoire avec les exigences de la modernité, confronté à l’impossibilité d’y accéder. Obligé de se plier aux codes de conduites de la charia alors que son développement aurait exigé une rupture et un aggiornamento. Un temps il s’imagina qu’il suffisait de reproduire les techniques utilisées par les modernes ou de les acheter, ce que firent les pays dotés de ressources pétrolières. Et pourtant l’échec est toujours là. Alors tous ces jeunes hommes qui ont vu sur les télés du monde, d’autres pays vivre dans la liberté ou l’abondance sont devenus enragés, littéralement habités par un ressentiment historique et bouleversant qui les a poussé au crime, à l’attentat, à détruire inexorablement le miroir de leur échec et de leur humiliation.

Concluons avec Albert Camus qu’il faut « apprendre à vivre et à mourir, et pour l’homme, refuser d’être Dieu ».

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