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Terrorisme : la justice bafouée par l’accord entre Argentine et Iran pour une "commission vérité" sur l’attentat de l’AMIA

jeudi 31 janvier 2013, par MPCT

Les négociations engagées entre les deux pays en octobre 2012, au siège de l’ONU à Genève, ont abouti samedi dernier à la signature de l’accord.

Le terrible attentat contre la mutuelle juive AMIA avait fait 85 morts à Buenos Aires en juillet 1994.

Longtemps entravée, l’enquête avait enfin pu avancer il y a 6 ans et en novembre 2006, le juge fédéral chargé du dossier de l’AMIA avait émis un mandat d’arrêt international pour crime contre l’humanité contre huit officiels iraniens, dont l’actuel ministre de la Défense, Ahmad Vahidi, et l’ex-président Rafsandjani.

Depuis, l’obstruction de la République Islamique d’Iran et son refus d’extrader les accusés. ont été tacitement acceptés par la communauté internationale.

On comprend que les autorités de la République islamique se soient félicitées de la création d’une "commission de juristes indépendants susceptible d’établir la vérité (sic) et de clore le dossier". On comprend moins que la Présidente argentine Cristina Kirchner s’extasie devant un événement "historique".

Loin de partager son enthousiasme, les défenseurs de la mémoire des victimes de cet attentat sanglant s’indignent, s’inquiètent et rappellent les prérogatives de la justice argentine souveraine.

Dans un communiqué commun, l’Association mutuelle israélite argentine (Amia) et la Délégation des associations israélites argentines déclarent :

"La mise en place d’une Commission pour la vérité, qui n’existe pas dans le cadre des lois argentines régissant le processus pénal, se traduirait par une cession de notre souveraineté",

ajoutant que cela reviendrait à

"reconnaître que les conclusions auxquelles est parvenue l’enquête judiciaire, qui ont donné lieu à des mandats d’arrêt d’Interpol, ne constituent pas la vérité ...Ignorer toutes les actions entreprises par la justice argentine et les remplacer par une commission qui, dans le meilleur des cas, sans qu’un délai ait été fixé pour le faire, ne fera qu’une recommandation aux parties, constitue, sans aucun doute, un recul dans les efforts pour obtenir que justice soit faite."

Oui c’est bien d’un recul qu’il s’agit, un recul très grave pour la justice face au terrorisme.

Le Parlement argentin saura-t-il le rejeter ?

On peut espérer un sursaut si et seulement si des voix s’élèvent dans le monde entier pour le dénoncer.

Le Dr Shimon Samuels, Directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal Europe ne mâche pas ses mots :

"Constituer une commission conjointe avec l’Iran est une farce ...Cela va étouffer les affaires de terrorisme et encourager les mollahs à commanditer de nouvelles attaques."

L’impunité enourageant à la récidive, on ne peut hélas que souscrire à ses propos.

La République Islamique d’Iran n’est forte que de la mansuétude dont bénéficient ses dirigeants et ses acolytes du toujours terroriste Hezbollah !

En septembre 2011, le régime iranien s’était même payé le luxe d’envoyer des agents labellisés victimes du terrorisme (des Moudjahidin du Peuple s’entend) participer ostensiblement au 7° Congrès International des Victimes du Terrorisme à Paris ! Ils y avaient proposé d’organiser le prochain Congrès ... à Téhéran !

Huguette Chomski Magnis

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